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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 09:09
Les caméras de Danny Booyle ne vous lâchent pas. Vous êtes dans le bidonville de Dumbai (immense, incroyable), les hélicos vous survolent, le flics vous poursuivent, la misère vous cerne, les bruits, la fureur, la musique qui explose. Et cette caméra qui est là, à hauteur d'enfant, qui ne vous laissera pas un instant de répit, qui sera encore là quand on voudra vous arracher les yeux pour vous envoyer mendier dans les rues, qui se prendra des coups elle aussi quand votre mère sera assassinée par des fanatiques religieux, qui entrera dans les pires bordels, dans les palaces des gangsters, dans le repère des policiers qui utilisent la gégène... On sort de "Slumdog Millionnaire" en sueur, en transe, en apesanteur, anéanti. On a le sentiment de ne pas avoir respiré un seul instant, jusqu'à ce que la lumière se rallume après un fabuleux générique dont la chorégraphie sur un quai de gare renvoie celle de "West side story" à la préhistoire du cinéma musical. Inutile de vous raconter le scénario, on vous l'a dit partout que ce jeune indien devenait millionnaire en jouant à un jeu à la con. Mais on ne vous a pas assez dit que cette victoire, il la doit à sa culture, la culture de la rue. Vous devez aussi savoir qu'au milieu de toute cette noirceur, les couleurs vives, dignes de Bollywood, n'en sont que plus sublimes, que la musique extrêmement variée vous prendra aux tripes, qu'il vous arrivera de rire en visitant le Taj Mahal avec les touristes imbéciles (pléonasme ?), et que vous aussi, vous tomberez amoureux de Latika. C'est écrit (comme le B de la bonne ou mauvaise réponse dans les toilettes de la télé).
Dans ces conditions, le fait que "Slumdog Millionnaire" ait remporté une moisson d'oscars est purement anecdotique. Si vous habitez le Pays royannais, vous pouvez encore voir ce très grand film à St Georges, ce soir à 17H. Là ou ailleurs, allez-y. C'est urgent ! Mais n'espérez pas en sortir indemne.

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Published by Les naufrageurs - dans Cinéma
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commentaires

Emma B 06/03/2009 16:31

Ce qui dérange, jecrois, c'est toute cette misère transformée en spectacle. Le spectacle est magnifique mais nous met mal à l'aise.

Les naufrageurs 06/03/2009 17:38


C'était pareil, souvenez-vous avec "Apocalypse now". Mais on ne dénonce pas la misère avec du misérabilisme ni la guerre avec de l'eau de rose.


Jean-Pierre S. 04/03/2009 19:14

Je n'ai jamais vu une production de Bollywood. J'entends beaucoup de critiques sur ce cinéma indien grand public, mais il me semble que Hollywood était aussi vilipandé à l'époque où se tournaient pourtant des chefs d'oeuvre. Sans Hollywood, pas de Rio Bravo, pas de Ben Hur, pas de Certains l'aiment chaud. Pas de très bon cinéma, en vérité. Simplement, il ne faudrait peut-être pas passer Slumdog millionaire dans des salles considérée comme Art et essai.

Les naufrageurs 04/03/2009 19:38


Et la critique française dans sa grande majorité a attendu vraiment très longtemps avant de reconnaître le talent de Clint Eastxood (le metteur en scène) aujourd'hui incontestable. À une époque, on
en faisait même un facho. Un facho, l'auteur de "Sur la route de Madison" ? N'importe quoi ! En revanche, votre dernière phrase, Jean-Pierre, peut être qualifiée d'élitiste. Au minimum. Non,
les bons films ne doivent pas être réservés à certaines salles et les mauvais à d'autres. Et il n'appartient à personne de décider quels sont les bons et quels sont les mauvais films. Nos goûts
sont variés et c'est une chance. Foutons en l'air toutes ces catégories artificielles qui gangrènent le cinéma, la musique, la littérature, la vie...


Tintin17113 04/03/2009 12:29

Le Monde était nettement plus positif. On y parlait d'un conte dickensien. Il y a un peu de ça.

Les naufrageurs 04/03/2009 13:41


C'est du cinéma populaire. Du grand cinéma populaire ! Du coup, la comparaison n'est pas abusive.


Agnès 03/03/2009 20:17

J'en sors et c'est décidé je résilie mon abonnement à Télérama qui n'a (une fois de plus) rien compris.

Les naufrageurs 04/03/2009 07:46


Ne vous précipitez pas, il y a pire que les jésuites de Télérama. Il y a les snobs des Inrocks. Le problème c'est que ces gens-là intellectualisent trop. Maintenant... ça reste plus "lisible"
qu'une grande partie de la presse qui n'intellectualise pas du tout.


Pierre Dumousseau 03/03/2009 15:13

Pas d'accord avec vous; scénario réductif, imitation européen de Bollywood , ne mérite pas tous ces Oscars.

Les naufrageurs 03/03/2009 16:30


Bollywood c'est aussi une culture (discutable, certes) que le réalisateur anglais connaît manifestement très bien. Mais surtout c'est un énorme coup de poing dans nos petites gueules de nantis. Un
coup de poing qui ressemble au premier reçu dans "Million Dollar Baby", sauf que là... ça dure tout le film. Au point de mettre le spectateur KO.