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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 10:59
Pour sa dernière apparition à l'écran (c'est lui qui le dit), Clint Eastwood a trouvé un scénario à sa (dé)mesure. Un genre de mise au point définitive pour celui qui fut longtemps considéré comme un sale facho à cause de ses interprétations plus vraies que nature de "Dirty Harry". Depuis, la même presse "branchouillée" lui reprocherait plutôt de faire dans le bien-pensant alors qu'il ne moralise pas, il se contente de montrer. Et c'est ce que peut faire de mieux un cinéaste.
Il nous montre une Amérique moyenne ravagée, celle que laisse l'indigne Georges W. Bush. Il montre la coexistence — parfois pacifique mais pas toujours — des différentes communautés qui peuplent ce grand pays. Il montre la violence urbaine, la douleur d'être jeune dans un tel univers, et la cruauté de vieillir. Il montre le désarroi devant la mort et la solitude imposée, les blessures de la guerre, les frustrations de quarante années de travail à la chaîne... Il montre les petits instants de bonheur lorsque deux cultures se rencontrent et se comprennent, l'ingratitude des enfants, le fric roi... Il montre la vie, il montre la mort... On pleure, on rit, on s'extasie, on suffoque, on a peur, on respire... Merde, on lui demande quoi en plus au père Eastwood ? Qu'il nous donne un mode d'emploi ? Ou qu'il vienne nous border le soir dans nos lits de petits bourgeois rassasiés ?
Parce que le plus admirable dans sa démarche est certainement qu'il arrive à nous toucher aussi profondément sans que la lourde machine hollywoodienne soit apparente. Il le fait même sur un ton parfois plein d'humour. On pourrait presque penser à un film à petit budget... Un grand couturier disait que la véritable élégance ne doit pas se voir ; c'est un peu ce qui se passe ici, comme dans une autre merveille, "Sur la route de Madison". Et pourtant, quelle efficacité (on n'aime pas ce mot, en France) dans ce dépouillement ! 
Aucun film de Clint Eastwood ne ressemble aux précédents, et celui-ci ne fait pas exception à cette règle. Mais, c'est incontestable, le réalisateur a un style très personnel avec lequel l'acteur est en totale communion. Nous sommes ici en présence d'un des plus grands créateurs de notre temps, et il est au sommet de son art. Ne boudons pas notre plaisir.

 

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Published by Les naufrageurs - dans Cinéma
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tintin17113 11/04/2009 16:19

Moi aussi j'aime beaucoup Clint Eastwood, surtout le metteur en scène, mais de là à être inconditionnel... "Space cowboys" par exemple n'est pas ce qu'il a fait de mieux. Et l'inspecteur Harry, les derniers sont meilleurs que les premiers.

Les naufrageurs 11/04/2009 17:35


Dans "Space cowboys" qui a presque 10 ans, l'autodérision est poussée si loin que le résultat est assez drôle. Mais effectivement, il a fait mieux avant et surtout
après. Quant aux 5 opus de "Dirty Harry", notre nette préférence va vers "Le retour de l'inspecteur Harry" (mis en scène par Clint lui-même), même si aucun des autres épisodes n'est
négligeable. Dans "magnum Force", il est très jouissif de l'entendre dire comme s'il répondait à la critique : "I'm afraid you misjudged
me".


mamy blue 10/04/2009 23:52

Je l'ai vu en VO et j'ai hâte de le revoir sans les sous-titres qui gâchent un peu le plaisir.

Les naufrageurs 11/04/2009 10:00


Vous abordez un vaste débat que nous traiterons dans un prochain article. En résumé : nous aimons bien entendre la "vraie" voix et la "vraie" langue des acteurs, mais
nous détestons les graffitis au bas d'une oeuvre d'art. Compliqué !


Pale Rider 10/04/2009 19:42

On peut ajouter car c'est assez rare chez Eastwood, la confrontation du héros avec Dieu à travers un jeune curé assez admirable. Sinon j'ai moi aussi été emballé. Je suis un inconditionnel!!!!!

Les naufrageurs 10/04/2009 19:47


Avec ce pseudo, vous êtes forcément un "fan". Oui, vous avez raison, le rôle du jeune curé qu'il maltraite au début et vers qui il se tourne au moment suprême, est
magnifique. Les cathos ne sont pas tous comme leur pape !