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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 21:10
Et encore... quand on écrit fachos... on fait dans l'extrême modération ! Parce que l'Italie que nous présente Niccolo Ammaniti dans son très noir roman publié à la fin de l'année dernière chez Grasset et Fasquelle, "Comme Dieu le veut", c'est un lieu de résidence que l'on n'oserait souhaiter à son pire ennemi. Nous voici fort loin de la douane de mer si chère au plus médiatique de nos écrivains français, mais en compagnie de chômeurs depuis toujours en fin de droit, alcooliques, paumés, nazillons avec fureur en prime. Cette Italie-là est crasseuse, inculte, abrutie de grappa et de "berlus-conneries". Mais ne vous y trompez pas, il y a une France qui ne vaut et qui ne va pas mieux.
À sa sortie, on a présenté cette oeuvre comme un polar. Du coup, certains amateurs (intégristes) ont reproché à l'auteur de passer plus de temps à planter le décor et à décor...tiquer les personnages qu'à se consacrer à l'action. Celle-ci se fait en effet délicieusement attendre.
C'est pour mieux te croquer, mon enfant. Car lorsque le drame attendu depuis le début se produira, attendez-vous au pire. Il sera logique, implacable, abominable, inéluctable fruit de cette ambiance délétère mais aussi d'un faisceau (décidément...) de coïncidences. Auparavant, le lecteur aura connu tous les états psychologiques allant du dégoût à la compassion en passant par la colère, la révolte, le malaise... Il aura pleuré le lecteur, il aura ri (parfois honteusement...), il aura vociféré, il sera à bout, lessivé, prêt à subir l'estocade.
Car le talent de ce grand écrivain italien ne réside pas seulement dans la qualité de son écriture associée à une redoutable habileté de construction qui fait grimper l'angoisse au paroxysme. Avec ces qualités-là, il parvient à nous passionner, à nous faire prendre du plaisir... "On peut rire de tout, oui, mais pas avec n'importe qui", disait Pierre Desproges. Il en va de même avec le plaisir. Et là, ce diable d'Italien nous conduit au plaisir avec bien pire que "n'importe qui". Avec
la bête immonde dont le ventre est — semble-t-il — encore fécond ! Nous qui sommes si habitués au confortable "prêt-à-penser" littéraire, nous voilà bien ennuyés avec cet auteur qui pose sur l'horreur absolue un oeil dépourvu de tout jugement, nous abandonnant à notre écoeurement, à nos contradictions, à nos ambiguïtés. À notre honte.
Faites l'expérience de cette littérature sans concession qui ne laisse personne indemne. Et lorsqu'un fait divers atroce ensanglantera les colonnes de votre quotidien préféré, vous aurez un début de réponse aux sempiternelles questions de votre voisin : "mais comment des choses pareilles sont-elles possibles ? comment un être humain peut-il en arriver là ?"

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Published by Les naufrageurs - dans Littérature
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commentaires

George V 22/04/2009 23:43

On peut le trouver où, ce bouquin ?

Les naufrageurs 23/04/2009 09:38


Dans les librairies. Pas dans les hypermarchés. 


Garbure 21/04/2009 09:27

Je suis d'accord sur cette critique très positive. C'est de la belle ouvrage ! Mais, si je peux me permettre, il ne faut pas oublier que l'auteur donne le rôle principal à un enfant. Un enfant vieilli prématurément par un père infantile (ce qui ne le rend pas moins dangereux). Et malgré tout, une part d'innocence reste attachée à l'enfance.

Les naufrageurs 21/04/2009 09:42


Garbure, quel pseudo... gourmand ! Une bonne garbure au retour d'une balade au Rioumajou, c'est un moment de bonheur parfait. Bon, il est un peu tôt pour saliver...
revenons à nos fachos. Oui, l'enfant et sa part d'innocence sont essentiels pour le scénario. Et son amour pour ce père abominable est un élément à ne pas négliger non plus.


Agnès 21/04/2009 09:00

Je l'ai lu il y a peu et j'ai ressenti le malaise que vous évoquez. Les êtres ignobles qui peuplent ce roman sont parfois si pitoyables qu'ils en deviennnent touchants. Et pourtant, quelle bande de sinistres salopards!!!

Les naufrageurs 21/04/2009 09:13


Les failles de l'être humain sont multiples, et les tristes héros de ce roman en fournissent la preuve à chaque page. La force de l'auteur est effectivement de montrer
(sans en rajouter) la part d'humanité qui subsiste malgré tout dans le pire des monstres.


Schlabaya 20/04/2009 23:30

Très tentant, ce roman (ou est-ce ton billet qui est tentateur ?)

Les naufrageurs 21/04/2009 07:41


Si ce roman m'a inspiré un billet tentateur, c'est qu'il est tentant. Dialectique simpliste, certes, mais efficace.