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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 10:11
Vous avez remarqué comme les "salons du livre" fleurissent un peu partout à cette saison. Brive a fait école. Pour le meilleur et pour le pire. Mais dans l'ensemble, on ne peut que se féliciter de ces incitations à la lecture. Même si c'est, parfois (souvent ?) pour lire n'importe quoi. Le problème est en effet la motivation du public à visiter de telles manifestations. Les organisateurs, qui espèrent légitimement une bonne fréquentation de leur salon, ont naturellement tendance à inviter des "personnalités" plus que des écrivains. On vient "voir la bête" plutôt que découvrir son oeuvre (si oeuvre il y a) et on visite le salon comme un zoo. Au pas de charge !
Restons dans notre douce région de Poitou-Charentes, et intéressons-nous au dernier salon en date, celui de Saint-Jean-d'Angély, le week-end dernier. Là, on tente désespérément de singer les "vrais" salons. Invités prestigieux (Jean Échenoz, le père Gilbert, Alain Rey...), journalistes en manque de "ménages" (Bernard Pivot, Philippe Bertrand), belles maisons d'édition (Minuit, Le temps qu'il fait, Geste...), colloques aux noms ronflants. Il ne s'agit pas ici d'émettre la moindre critique sur des gens qui font, par ailleurs, parfaitement leur "travail". Nous dirons notamment le moment venu, tout le bien que nous pensons de l'émission de Philippe Bertrand (Carnets de campagne) sur France Inter. Non, ce qui est en cause, c'est juste l'étouffement que cet apport représente pour la culture régionale, car le non-lecteur peut sans complexe se pointer, il y a des photos à prendre, mais la littérature est fort diluée... À ce parisianisme ambiant et presque caricatural, tentent de se raccrocher quelques modestes maisons d'édition locales, des libraires, des auteurs. Le lectorat, lui, boude un peu, n'est pas vraiment au rendez-vous. Pas grave, les élus ont été photographiés avec les "people", aux frais du contribuable qui n'en finit pas de contribuer. N'est-ce pas l'essentiel ? On n'est pas encore au point du salon de La Rochelle qui n'est plus qu'une vulgaire Foire-exposition (entrée payante) où on vend (mal) des produite baptisés "livres" plutôt que des moissonneuses-batteuses, mais on s'en rapproche dangereusement. Tout ça évidemment par la faute de Ségolène Royal, qui, par définition, est la cause de tout ce qui va mal ici et ailleurs, maintenant et plus tard. 
Heureusement, il est possible de finir sur une note optimiste en évoquant les petits salons du livre qui, sans grand tapage médiatique, ne marchent pas si mal et remplissent parfaitement leur mission de relais entre les auteurs et leurs lecteurs. Citons au hasard, Chaniers, Chérac, La Tremblade et surtout Mortagne-sur-Gironde, une vraie fête populaire du livre qui ne pète pas plus haut que son cul et qui connaît tous les deux ans, un succès extraordinaire et mérité. 

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Published by Les naufrageurs - dans Littérature
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dur@cuire 29/07/2009 17:46

N'avez vous pas remarqué, que dans ces petits salons du livre que vous montrez en exemple, nous voyons toujours les mêmes auteurs ? Ecrivains de la côte, auteurs du croît vif, et la pléiade d'auto-édités ... St Jean d'Y a pris le partie de ne plus accepter les auto-édités. On peut être sceptique sur la programmation de ce salon, mais on ne peut que se féliciter de leur envie de faire travailler les libraires. Sachez aussi que la plupart de ces auto-édités qui pulluent sur les petits salons, ne sont pas inscrits au registre des commerces, et vendent dans la plus grande illégalité. St Jean en outre, avait son entrée gratuite, pas comme à la Rochelle où l'on prend les libraires, les éditeurs, et le public pour des vaches à lait.
Les salons sont de moins en moins subventionnés par la région qui exige plusieurs points précis pour avoir droit aux subventions, et notamment ce point crucial de travailler avec un ou plusieurs libraires indépendants ayant une vraie politique de fonds. On voit de plus en plus d'auto-édités passer par les stands de ces libraires pour être présents dans ces salons où on les acceptent plus, c'est peut-être la solution.
Rappelons également dans votre liste, trois salons vraiment formidables où j'aime flaner, le salon du livre pour enfants de Saujon, le salon du livre de voyage de Thénac, et le salon du livre des droits de l'homme de Saintes. Voila des salons où se mêlent gaiement auto-édités et auteurs à compte d'éditeur.

Les naufrageurs 30/07/2009 08:04


On a pu vérifier récemment, à Mortagne-sur-Gironde, la présence des auteurs régionaux, auto-édités ou non, qui "galopent" les salons. Que ce soient toujours les mêmes
ne nous semble pas gênant. C'est pareil en librairie et c'est bien pire à la télé. D'ailleurs, les lecteurs ne sont-ils pas toujours les mêmes ? Ce qui nous dérange plus, en revanche, c'est
l'absence de renouvellement de certains de ces auteurs qui traînent de salon en salon, d'année en année, les mêmes bouquins. Si encore ils étaient bons... Quant à l'illégalité, la création
s'en est toujours accommodée, c'est même une des conditions de sa survie. Et c'est aussi ce qui est sympathique dans ces petites manifestations allant à la rencontre d'un public plus habitué à être
sollicité par les grandes surfaces que par les petits libraires et qui voit, en léchant ces modestes vitrines, qu'autre chose existe. Il y a donc une vie après le Centre Leclerc ! Qui l'eut cru ?
Sans ces minuscules soupapes de liberté, plus d'auteurs, régionaux, plus de livres ailleurs que chez les marchands de soupe, plus de libraires ailleurs que sur le net... Rien que des supers et des
hypers vendant des "produits culturels" bien formatés, bien légaux, bien propres, bien parisiens. Si les libraires n'avaient pas bénéficié de mesures dérogeant à la loi générale, ils seraient
aujourd'hui dans le même état que les disquaires ! Alors, réjouissons-nous — tant qu'il est encore temps — du gai mélange que vous évoquez en conclusion à propos de trois salons qui, eux aussi, ont
le mérite d'exister en défendant une passion bien menacée, la lecture.


Chermignac 08/05/2009 16:43

C'est intéressant de s'autoéditer?

Les naufrageurs 08/05/2009 16:47


Si un auteur peut répondre... À notre avis, il ne faut sans doute pas compter la-dessus pour gagner sa vie, mais c'est certainement intéressant en tant qu'expérience
humaine.


Emilmad 08/05/2009 09:56

Bel article ! natif de Brive et vivant à moins de trente kilomètres, j'ai pu constater le phénomène. Auteur autoédité de huit ouvrages, je n'ai jamais pu être invité à la manifestation et depuis plusieurs années, j'ai renoncé à la moindre demande.
Je participe à quelques fêtes ou foire du livre quand on m'y invite.
Je veux quand même faire remarquer que cette "peopolisation" est due en grande partie aux médias qui ne s'attardent complaisament presqu'uniquement sur des gens connus.
J'ai même vu une caméra demander à un quidam de se faire dédicacer un livre d'une de ces vedettes de l'édition alors que le quidam en question n'avait aucune intention d'acheter le bouquin.

Les naufrageurs 08/05/2009 10:33


Les auteurs que nous connaissons, qu'ils soient autoédités ou publiés par des éditeurs régionaux, déplorent tous cet état de fait préjudiciable à la culture et
notamment à celle qui concerne le terroir. Et vous avez raison, la responsabilité des médias ne doit pas être occultée. On pourrait même ajouter que la littéraure ne fait pas exception puisque
toutes les formes artistiques se trouvent touchées. Comme dit la fable : "Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés".