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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 11:15
En vérifiant une citation pour répondre à un de nos lecteurs, nous tombons d'abord sur un joli site consacré aux fables de La Fontaine. Et puis, celle-ci, une des plus justement célèbres, "Les animaux malades de la peste".
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre, 
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), 
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés...
Petit exercice, vous remplacez le mot "peste" par le mot "grippe", et vous situez l'action en mai 2009. Quoi de changé ? Rien ou si peu... La peur atavique est toujours là. Et les puissants (comme disait La Fontaine), ceux qui nous gouvernent et nous manipulent, le savent bien. Quel meilleur ressort que la peur quand on veut manipuler ? Ou simplement faire oublier un autre événement, une autre situation autrement dramatique. Regardez en Égypte ; avant même de s'assurer de la "culpabilité" des porcs, on en a abattu des dizaine de milliers. Martyrs idéologiques ! Depuis, on sait que les porcs peuvent être infectés, au même titre que les humains. De là à les rendre responsables de l'épidémie et à se priver de nourriture, il y a un pas important...
Avez-vous, un jour, survolé Mexico, la plus grande métropole du monde ? Sur plus de 100 kilomètres s'étendent les bidonvilles les plus effrayants qui puissent se concevoir. Des lieux improbables sans eau potable, sans électricité, sans éducation, où la police, les enseignants et les médecins ne pénètrent plus depuis longtemps. Une humanité qui survit sans la moindre hygiène sur un gigantesque tas d'ordures où seul le crime organisé prospère. Sans parler de l'incroyable pollution qui plombe le ciel de Mexico, cache le soleil et les montagnes environnantes, pénètre les habitations, les corps et les coeurs. Un immense camp de concentration d'une violence inouïe, qui ressemble à nos porcheries modernes, mais où on n'entasse pas des cochons mais des femmes, des hommes, des enfants.
S'il s'agit de faire de la prévention, contre la grippe mais aussi contre de nombreux fléaux tout aussi mortels, c'est auprès de cette humanité sacrifiée qu'il faut intervenir. Sans plus attendre. Le danger pour nos sociétés occidentales surprotégées est en effet minime en comparaison.
Sans doute déplorerons-nous des cas de grippe, l'hiver prochain, peut-être même quelques décès... Les séquelles de la grippe saisonnière font chaque année des dégâts dans les populations fragiles, même sous nos latitudes. La grippe de Hong Kong n'a-telle pas fait en 1968, des dizaine de milliers de victimes sur notre sol ? Bien plus que la fameuse canicule ! On en a peu parlé à l'époque, il y avait alors d'autres événements qui mobilisaient l'opinion... Mais aujourd'hui, pour les pouvoirs, il devient urgent de nous effrayer comme on le fait déjà avec les banlieues. Ainsi, obnubilés par le risque épidémique, nous oublions ce qui dérange : le chômage grandissant, la régression de toutes nos valeurs, le démantèlement d'une organisation sociale et culturelle construites par plusieurs générations laborieuses et généreuses. Nous oublions aussi que le véritable risque est (comme toujours) pour les pauvres — les pays d'Afrique notamment — et que le remède le plus efficace serait de mener d'abord la lutte contre cette extrême pauvreté. Mais La Fontaine le disait déjà :
Selon que vous serez puissant ou misérable...

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Published by Les naufrageurs - dans Société
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Bordelais 11/05/2009 12:00

Ne perdons pas de vue l'essentiel du message des Naufrageurs : la lutte contre la pauvreté dans le monde.
à partir de là, de nombreux problèmes trouveraient leur solution. Et pas seulement celui que pose la grippe.

Les naufrageurs 11/05/2009 17:29


En principe, mais en principe seulement, il y a un organisme international chargé de ces questions, c'est le FMI. Mais quand on connaît le nom et les préoccupations de
son Président (ou Directeur ou Secrétaire...), on ne s'étonne pas de l'inaction (on n'ose pas dire "de l'impuissance") de cet organisme.


Agnès 11/05/2009 00:04

J'ai appris que Brigitte Bardot avait protesté contre le massacre des porcs égyptiens. Elle ferait mieux de s'intéresser aux humains qui souffrent avant de penser aux animaux.

Les naufrageurs 11/05/2009 07:35


La cause des animaux mérite aussi d'être défendue. C'est le combat de BB,il est respectable. Et utile !


Marie 09/05/2009 11:19

La réponse que vous faites au commentaire de Zadig pourrait être le début d'un débat sur le tourisme. Est-il raisonnable aujourd'hui de ne voyager QUE pour son petit plaisir égoïste, au mépris des populations visitées et de l'avenir de la planète? Cet étalage de richesse n'est-il pas indécent? Mais je m'éloigne de la grippe...

Les naufrageurs 09/05/2009 15:34



Bien vu, Marie. Effectivement, vous vous éloignez du sujet. Mais celui que vous abordez n'est pas sans intérêt. Nous y reviendrons...



Zadig 09/05/2009 00:17

J'ai fait un voyage au Mexique il y a quelques années. C'était un circuit. Dans le bus presque tout le monde avait la grippe. Et personne n'en est mort!

Les naufrageurs 09/05/2009 07:53


Voilà ce qui arrive quand le touriste est traité — à l'insu de son plein gré — comme du bétail. Une chance que ce soit la grippe et non la fièvre aphteuse !


Chermignac 08/05/2009 16:41

La crise et la grippe, même combat, il n'y a que les riches qui en parlent, mais il n'y a que les pauvres qui en souffrent!!!

Les naufrageurs 08/05/2009 16:45


C'est un peu brutal comme affirmation, mais sans doute assez proche de la vérité.