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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 09:23
Attention, ceci est un scoop : à la radio et à la télé, il y a une campagne officielle pour les élections européennes. Elle passe à des heures où vous avez mieux à faire ? Certes... mais avouez que vous ne faites pas trop d'effort non plus. Hé bien, sachez que vous avez tort. En attendant un résumé de Roland Garros, tard dans la soirée, vous pouvez tomber sur un clip de la campagne officielle. Si cela vous arrive, ne zappez pas ! Évidemment, vous risquez de vous taper le vicomte et son chasseur ou le vieillard sur fond bleu, "pour ne pas perturber le message", comme si le FN avait un message. Vous risquez aussi de passer quelques minutes d'une banalité rare, avec des partis de droite, de gauche, du centre ou d'ailleurs. Ne zappez toujours pas car avec un peu de chance...
Avec un peu de chance, votre patiente et morose attente sera récompensée. Hissant leurs étendards et montés sur leur grands chevaux caparaçonnés, voici les hérauts du royalisme. Non
, pas les partisans de Ségolène Royal, mais bel et bien des gens qui souhaitent le retour de la monarchie. Ils veulent un roi. Ou plutôt... il veut un roi puisqu'à l'écran n'apparaît qu'un personnage. Est-il le futur roi ou agit-il en sous-main pour les cendres de Louis XIV ? Allez savoir avec des gens qui ne se sont pas encore aperçus qu'en matière de roi nous étions déjà pourvus. Et bien pourvus ! Comme disait Georges : "Il y a peu de chances qu'on..." Pourtant, le royaliste de service, il argumente, il ne se contente pas de slogans. Il paraît sérieux comme un pape, comme un roi pas fainéant ; il débite sa tirade grandiose et là, si vous ne sautez pas du fauteuil pour crier "vive le roi, à bas la raie publique !" avant de vous écrouler de rire sur la table du salon, inutile d'aller voir Looking for Eric. Il ne peut rien pour vous Cantona qui pourtant n'est pas un homme, comme chacun devrait le savoir maintenant.
Mais admettons que vous ayez résisté à l'humour froid du monarchiste à la cravate trop longue. Admettons. Vous ne résisterez pas aux libéraux. Déjà, se prétendre libéral dans un pays qui souffre tant des excès du libéralisme, c'est gonflé ! Au début, une femme se prenant manifestement pour une démonstratrice en robots ménagers pour grande surface en perte de parts de marché, vous lit son baratin d'une voix monocorde avant de vous présenter ses champions. Les tronches des candidats ! Et leurs titres ronflants ! Il y en a un qui semble tout droit sorti de la fromagerie Morel. Les Deschiens, c'était très drôle. Là, c'est pathétique !
On a oublié l'UMP ? Que nenni, les amis ! Là, c'est Barnier qui parle puis, grâce à la technique du "lip dub" (voix d'un orateur mimée par plusieurs personnes), on voit des gens très divers s'exprimer avec la voix de... Michel Barnier. D'accord on a échappé à Rachida, quelques questions s'imposent néanmoins : le parti du Président cherche-t-il à nous montrer qu'il est passé maître dans l'art du trucage ? À moins qu'il s'agisse simplement de nous donner un avant-goût de la "démocratie" peu participative qu'il entend instaurer : la voix de son maître.
L'union de tous les pays d'Europe ne mérite-t-elle pas mieux que ces pantalonnades ?

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 15:32

Dans un article intitulé subtilement (hum !) "Cicéron c'est Poincaré", publié voilà plus de 2 mois maintenant, nous offrions à nos visiteurs forcément avides de beautés originales, la photo d'un rond-point, quelque part en Saintonge maritime, celui de Ronce-les-Bains, avec ses petits bateaux de papier, souvenirs délicieux de notre enfance peu studieuse. Aujourd'hui, sans trop nous déplacer, nous proposons à votre oeil exercé, un autre de ces ronds-points qui, parfois, nous rendent la bagnole un peu (juste un peu...) plus supportable. Il se situe à Breuillet, sur la départementale qui relie Saujon (ville natale de l'auteur de "L'affaire Lerouge", Émile Gaboriau, l'inspirateur de Conan Doyle) à La Tremblade, capitale incontestée de l'huître verte. Les deux autres voies conduisent au centre de Breuillet et à Mornac-sur-Seudre, là où vivent les « Mornassons » que l’abbé et néanmoins érudit Paul Travers définit comme « une race étrange qui ne passe jamais par où passent les autres et agit toujours différemment, ayant même sa prononciation personnelle du saintongeais. » Notre ami Tintin 17113 appréciera…

Pour en revenir à ce rond-point, il est d’inspiration ostréicole avec une cabane traditionnelle assez bien reproduite, un chaland (barque) et… un palmier. Ce dernier élément ne surprendra que les touristes. On sait ici que cet arbre est depuis longtemps acclimaté à notre région. Certains prétendent même qu’il figurait autrefois dans toutes les cours de fermes appartenant à des protestants. Une affirmation controversée par ceux qui font remarquer que les diverses persécutions dont les protestants — majoritaires en presqu’île d’Arvert — furent victimes au cours des siècles, ne les incitait pas forcément à arborer un signe aussi visible que ce bel arbre.

Néanmoins, si le palmier est plutôt rare sur nos ronds-points, la cabane ostréicole et son chaland y poussent relativement bien. Seul petit problème de ces reproductions presque grandeur nature : quand la place manque, on dirait parfois plus une « cabane au fond du jardingue » qu’un établissement voué à la culture et à la commercialisation de notre mollusque préféré. 
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 10:36

On a un problème, dans notre Pays royannais, c’est le projet d’implantation d’un terminal méthanier de l’autre côté de la Gironde. Les politiciens nous font de belles promesses, mais on a tendance à ne pas trop les croire… D’autant qu’ici, on est pratiquement sous le régime du parti unique qui coïncide malencontreusement avec celui du Président et du maire de Bordeaux dont le port autonome est fort intéressé par ce terminal… Notre population, dont la moyenne d’âge est confortable, plébiscite l’UMP à chaque élection. Du coup, l’absence de concurrence crédible s’avère désastreuse car les gens en place jouissent d’une véritable rente de situation qui les autorise à traiter l’électeur de très haut : un sourire, deux ronds de jambes, trois promesses… et on retourne à ses petites querelles intestines. Il faut néanmoins rendre hommage à cette population majoritairement conservatrice qui se mobilise contre un projet néfaste à notre environnement et sans grande justification économique. Un projet en total décalage avec les engagements du Grenelle de l’environnement.
Il est vrai que si le sinistre Allègre — seul « scientifique » à soutenir que le réchauffement climatique ne vient pas essentiellement de l’activité humaine — devenait ministre, bien des engagements écologiques risqueraient d'être jetés par-dessus les éoliennes.
Dans ce contexte, saluons l’organisation du salon de l’environnement qui se tient au Palais des congrès jusqu’au 9 juin. Un événement qui permettra au public (et notamment à un millier d’élèves du secteur) de prendre conscience — au travers d’expositions et d’animations diverses — des enjeux du développement durable. Ce soir le beau film militant de Jean-Paul Jaud, « Nos enfants nous accuseront », sera projeté ; il précédera un débat sur l’agriculture bio. Autre moment passionnant, la conférence qu’animera Guy Estève sur l’évolution et la conservation du littoral. Elle devrait permettre de poursuivre et d’approfondir le débat sur le projet de terminal méthanier. La liste de ces animations est évidemment loin d’être exhaustive puisque, par exemple, la question de la gestion des eaux de la Seudre fera partie des temps forts. Pour le programme complet, reportez-vous à votre quotidien régional habituel.  

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 11:14
Ce ne sont plus vraiment des événements, tout juste des repères sur un calendrier, comme les fêtes autrefois. Le Festival de Cannes n’a même pas le temps de remettre ses prix bidons et de remiser ses lampions que le tournoi de Roland-Garros prend le relais. Par les temps médiatiques qui piétinent (ils ne courent plus depuis quelques lustres…) la vie quotidienne du VIP de base devient un enfer. À peine remis de la bousculade (chic) à l’entrée du Palais des festivals ou derrière les barrières qui parquent les spectateurs de Denisot, voilà qu’il faut remettre le couvert Porte d’Auteuil. À Roland-Garros — Roland pour ceux du sérail — il n’y a que les courts pour ne pas sortir couverts ! Mais ça viendra nous promet un ancien rugbyman, plus sympathique que son prédécesseur.
Là, trouver une bonne place sur « Le central » est aussi crucial que compliqué. Pensez, notre malheureux stakhanoviste de la « montritude » doit absolument choisir l’endroit stratégique, dans les loges, celui qui lui permettra d’être filmé par la télévision publique, sous les quolibets de l’ingrate populace des gradins, quand il s’installera en bousculant ostensiblement ses voisins, en dérangeant tout le monde (les joueurs, surtout) et, dans le meilleur des cas, en obligeant l’arbitre à arrêter le match pour lui recommander bien poliment d’accélérer quelque peu la manœuvre. Ainsi, chacun en France pensera qu’il revient d’une pause Champagne dans la tente où l’a invité un autre VIP, d’une importance encore plus ostensible. Alors qu’il revient juste de se soulager la vessie dans les chiottes du stade. Avec l’âge, les prostates se font délicates.
Ah ! Tant de sacrifices ! Tant d’heures perdues, de bâillements étouffés ! Et tout ces faux coups de téléphone pour exhiber l’i-phone qu’il a pu s’offrir avec ses indemnités de licenciement, « un parachute argenté », aime-t-il souligner avec humour pour bien signifier que la dorure est réservée à l'amère pilule avalée par les salariés. En deux semaines, on lui aura tout fait à notre VIP. Du jeu sans âme d’un numéro un français capable d’endormir tout un stade, à l’élimination d’Amélie Mauresmo (la routine…) par une joueuse allemande au jeu aussi imaginatif que la politique d’Angela Merkel. Mais il ne sera pas dit que notre homme — qui peut être une femme, mais c’est plus rare — aura souffert pour rien. Les yeux battus, la mine triste et les joues blêmes (c’est une chanson*, non ?), à des heures improbables, il regagnera sa résidence de standing et, après une nuit de sommeil insuffisante pour calmer le torticolis attrapé sur le central, il pourra innocemment demander à sa concierge si elle l’a vu à la télé. Et comme elle tient à ses étrennes, pas de danger qu’elle réponde qu’elle regardait « Les feux de l’amour » plutôt que des jeunes en short jouant à la balle dans la poussière rouge sous les yeux de chien battu d’un Nelson Monfort qui n’en finit pas de friser… le ridicule.
Heureusement, dans la bière, il n’y a pas que la mousse ! le tournoi de Roland-Garros peut aussi être un spectacle magnifique au même titre qu’un match de foot à Barcelone, qu’un concert de Keith Jarrett (en trio), que l’océan déferlant sur les côtes de Saintonge maritime. Un spectacle à ne pas rater.

* La mémoire revient parfois… C’était une chanson de Dalida, Bambino. Mais ça n’a strictement rien à voir, juste un étalage de culture.
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 13:56
C'est raté ! Pour ce vendredi coincé entre un jour férié et un week-end, on avait prévu de faire dans le consensuel... Une belle photo "artistique" n'attendait que cela pour sortir de l'anonymat. Mais peut-on se taire face aux nouveaux excès sécuritaires de nos dirigeants et de leurs sbires ? C'est toujours ennuyeux de traiter l'actualité à chaud comme le font nos radios et nos télés. Pourtant, dans le cas présent, l'indignation est telle que la réflexion attendra...
Indignation, c'est bien le mot ! Deux enfants de 6 et 10 ans (6 et 10 ans, pas majeurs à eux deux !) arrêtés, tout près de chez nous dans une ville du sud-ouest, devant leur école, leurs enseignants, leurs copains... pour un vol de vélo. Même s'ils l'avaient commis, ce larcin, la manière dont s'est faite leur interpellation serait scandaleuse. Mais en plus, ils sont innocents ! Quelle idée ces gamins, et tous ceux qui les connaissent peuvent-ils se faire des institutions que l'instruction civique leur apprend — fort justement — à respecter : la police, la justice ? Et au-delà, quelle idée est ainsi véhiculée, de la Démocratie, de la République ? 
Oui, bien sûr, en d'autres lieux ou en d'autres temps, certains membres de cette même corporation ne se posent (ou ne se posaient) pas de question pour exécuter les ordres, n'importe quels ordres. Mais dans le cas présent, il semble que les intervenants n'aient même pas reçu d'ordre supérieur. Simplement, ils ont trouvé leur intervention normale, justifiée car faisant suite à une plainte. La routine ! Ils s'étonnent même des réactions qu'ils déclenchent dans l'opinion publique. Ils ont l'impression d'avoir fait leur devoir. Là, au delà du traumatisme indéniable subi par des enfants innocents, on touche au plus grave. Les forces de l'ordre ne culpabilisent même pas devant ce qui constitue pourtant bien plus qu'une bavure. C'est qu'ils se sentent soutenus par le pouvoir, ils savent qu'ils ne risquent rien, qu'ils ont le droit avec eux. Mais de quel droit s'agit-il ? Celui de terroriser les enfants ? Voici venir le temps des ogres.
Car dans le même temps, le Ministre de l'Éducation nationale, veut instituer la fouille à la porte des écoles, transformer le personnel — enseignants compris — en flics de base. Pour confisquer les ciseaux, les compas ? Ou plutôt pour franchir une étape supplémentaire dans la mise sous contrôle de tout un pays. On commence en maintenant 7 mois en prison, un type dont le seul crime réside dans des écrits jugés subsersifs, on continue en mettant en garde à vue des éditeurs estimés marginaux, on finit en considérant nos enfants comme de dangereux criminels. "La Révolution dévore ses propres enfants", disait Danton. C'est exactement ce que fait notre société. Elle va mal, notre société, elle va très mal !
Face à ce qu'il faut bien qualifier de grave dérive sécuritaire, la Démocratie doir réagir avant que les plus énervés de nos concitoyens ne le fassent à sa place. Pourquoi les partis de gauche (à l'exception des Verts) ne réagissent-ils que très mollement ? Parce que le thème n'est pas porteur en période électorale ? N'est-il pas temps de se mobiliser pour demander — au moins — la démission de la Ministre de l'intérieur ? Le geste aurait le mérite de montrer à nos shérifs locaux les plus agressifs, les moins formés, que l'on ne bafoue pas impunément les règles élémentaires qui régissent un état de droit.

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Published by Les naufrageurs - dans Société
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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 09:20
On apprend que notre Président, après une jeunesse de jeûne, est soudain pris d'une véritable fringale de lecture. Après avoir dévoré La princesse de Clèves, voilà qu'il vient de déguster les intégrales de Maupassant et de Sagan... On ne peut que l'en féliciter surtout en ce qui concerne Sagan à qui on doit une cinquantaine de romans pas tous exceptionnels. Cette passion toute neuve pour nos grands écrivains réjouit naturellement tous les citoyens, le temps passé à la lecture n'étant pas décompté de son temps de passage sur les écrans. On aimerait alors demander à ce lecteur impénitent ce qu'il pense de l'arrestation par la police judiciaire de Marseille et les forces de l'anti-terrorisme, de deux couples d'éditeurs soupçonnés de porter atteinte à la sûreté de l'État en participant à une manifestation de soutien à Julien Coupat.
L'affaire de Tarnac, on s'en souvient, elle nous avait bien fait rigoler avec les interventions de notre MAM nationale. Mais ce qui est moins drôle, c'est que l'on oublierait presque que Julien Coupat est détenu dans les geôles de la République depuis novembre 2008, soupçonné d’avoir jeté des traverses sur une voie de TGV. Selon le raisonnement bien simple (au Ministère de l'intérieur, on n'est pas compliqués...) que tout ami d'un "terroriste" présumé est un terroriste en puissance, on a donc embastillé et interrogé ces quatre éditeurs, avant de les relâcher hier, en leur rendant même leurs ordinateurs. On admirera au passage l'infinie clémence de nos forces de l'ordre. Mais on notera la similitude avec l’inculpation de ceux qui soutiennent les sans-papiers. C’est la solidarité qui devient un délit.
Un message du Matricule des Anges*, remarquable revue littéraire, fait bien ressortir ce qu'il y a de consternant et d'inquiétant dans ces arrestations d'intellectuels : "On riait de voir les musclés de l’anti-terrorisme s’effrayer du nombre de livres saisis chez Julien Coupat. Aujourd’hui, il semblerait que pour les forces de l’ordre, une bibliothèque soit à elle seule une preuve accablante de l’appartenance de son propriétaire à un réseau terroriste." Mais alors, notre Président, ce lecteur invétéré... ne risque-t-il pas d'être inquiété ?
La conclusion des Anges immatriculés nous ramène à la dure réalité : "Dans quel pays vivons-nous où les auteurs et les éditeurs sont assimilés à des terroristes dès lors que les idées qu'ils professent ne conviennent pas à quelques-uns ? (...) Dans quel pays vivrions-nous si nous ne réagissions pas à ça ?"

* Dans notre Saintonge maritime, on trouve la revue Le Matricule Des Anges à la Librairie Lignes d'horizons à Saujon, et à la Librairie du Rivage de Royan
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Published by Les naufrageurs - dans Littérature
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 17:34
Vous recommander la visite d'une exposition de peinture, à seulement quelques jours de sa fermeture, ce n'est pas idéal, nous l'admettons. Mais il faut bien dire qu'à Royan (ailleurs, on ne sait pas trop...), on propose parfois des manifestations artistiques passionnantes, mais on oublie un peu trop de le faire savoir. C'est seulement, ce matin, lors d'une visite à la Librairie du Rivage, qu'un de nos bons copains a trouvé le petit papier annonçant cette expo qui se tient au Palais des Congrès (au premier étage) depuis le 5 mai et qui fermera ses portes jeudi 21 mai. Il n'est donc pas trop tard !
Le grand espace offert aux oeuvres par cette salle dénudée, toute blanche, impersonnelle, les offre au regard de manière totalement neutre ce qui n'est pas loin d'être idéal dans le cas présent. Les sons parasites issus des autres activités du lieu sont un peu moins favorables... Qu'importe, ils sont juste un rappel de notre bruyante société, mais  n'affectent en rien notre perception. On fait très rapidement le vide, on se plonge dans le paysage et ses mille détails, on atteint l'état de contemplation sans même l'avoir cherché. Il est vrai que l'auteur, Claude Margat, parcourt depuis de nombreuses années, les chemins de la philosophie taoïste, explorant inlassablement la démarche des grands maîtres lettrés chinois. Son approche poétique du paysage en est nourrie. L'image des marais de Rochefort qu'il connaît intimement, charnellement, se confond avec celle des paysages de Chine que plusieurs séjours prolongés lui ont permis de mieux intégrer. Ici, le paysage passe outre la description pour devenir émotion, sentiment.
La démarche de Margat et sa manière d'appréhender le monde qui l'entoure ne sont certainement pas étrangères aux vibrations que nous rencontrons nous-mêmes à l'approche de ses oeuvres. Il ne peint pas sur place, ne prend pas de notes, se contente d'intégrer l'espace, d'y vivre, de s'y diluer avant de le restituer dans la solitude habitée de son atelier. C'est que notre homme est non seulement peintre mais aussi écrivain. Alors, après avoir contemplé les images, laissons lui les mots : "Le suprême bénéfice de l'action de peindre est que l'on est conduit à tout observer dans le détail. Le regard chaque jour se tourne vers la rive et s'émerveille de pouvoir l'explorer. L'action de peindre produit un dépôt à la surface duquel vibre la présence du vivant." Et plus loin : "Un paysage que l'on peint sans y avoir vécu n'est qu'une image sans âme."

Palais des Congrès de Royan (premier étage) jusqu'au 21 mai.
À lire : Poussières du Guangxi, L’horizon des cent pas et plus récemment Daoren, un rêve habitable, aux éditions de la Différence.

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 09:48
Le dernier titre du slameur Grand corps malade fait fureur sur la toile. À la seule qualification de slameur, on voit se dresser la cohorte des papes du slam qui ont investi ce mouvement culturel comme d'autres le firent — en leur temps — avec le jazz. C'est la rançon du succès. Car les nouveaux procureurs parlent du "vrai slam" comme un certain Hugues Panassié (vilipendé pour notre plus grande joie par Boris Vian) parlait de "vrai jazz". Ils ont inventé des critères pour isoler ce style, le classifier, le cataloguer comme ça les arrange, le mettre bien avant l'âge dans leur triste musée imaginaire. Par exemple, pour certains mais pas pour d'autres, le vrai slam devrait être intégralement a capella. Laissons de côté les querelles picrocholines de ces chapelles, et refusons, ici comme ailleurs, la normalisation excessive. Ne comptez donc pas sur nous pour vous donner une définition du slam, encore moins pour vous affirmer que Fabien (le prénom de Grand corps malade) est ou n'est pas un slameur. Tout juste nous bornerons-nous à citer Paul Cash : «Même les slameurs, surtout les slameurs, se posent encore ces questions: "qu’est-ce que le slam?", "à quoi sert le slam?". Le slam est-il un mouvement populaire, une scène d'artistes, une imposture...»
Fabien lui, n'est pas un imposteur ! C'est un artiste, un vrai, un poète qui a choisi un moyen d'expression actuel susceptible de porter au plus loin, au plus profond, ses idées, ses sentiments, son inspiration. Alors, le bel accompagnement de guitare qui enveloppe amoureusement ses paroles ne fait que donner plus de poids à la voix chaude qui dit la vie quotidienne et ses difficultés, l'amour des autres, l'injustice... C'est vrai dans presque tous les titres écrits par ce garçon. C'est encore plus perceptible quand il nous parle avec ferveur de l'école dans les zones soi-disant prioritaires. "Éducation Nationale", c'est le titre tout simple du morceau inédit  (ou du poème si vous préférez). Et nous engageons tous nos lecteurs qui ne l'ont pas encore fait, à l'écouter de toute urgence. À le voir aussi, car le clip réalisé avec beaucoup de tact et de talent par par Mehdi Idir, sert parfaitement le propos de Fabien. À eux deux, ils font mouche ! Bien plus que de longs et chiants discours...
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 09:37
Vous n'y croyez pas ? et pourtant, ça existe bel et bien, le roman noir écolo. Même que l'on trouve chez Gallmeister éditeur, une collection dite noire qui fait plutôt dans le... vert, avec deux titres emblématiques du genre tout droit sortis de l'underground des années 70 : Le gang de la clef à molette et Le retour du gang de la clef à molette. Deux brulots (de plusieurs centaines de pages quand même) signés Edward Abbey qui inventent (oui, inventent) le terrorisme citoyen. La désobéissance civile, si vous préférez. Un régal d'humour noir, d'une méchanceté aussi contagieuse que réjouissante. L'Amérique s'en ramasse plein la gueule et on adore ça ! Mais reconnaissons-le, l'éditeur ne prend pas un très grand risque en rééditant ces monuments du polar déjanté. Néanmoins, si vous ne les avez pas encore lus, allez-y en toute confiance, la définition que donne le Nouvel Obs' du premier opus est parfaite : "une grenade dégoupillée".
Si deux oeuvres aussi emblématiques (et même fondatrices) sont présentes à juste titre dans la collection noire de Gallmeister, elles y côtoient celles d'auteurs nettement moins connus. Un seul exemple : vous connaissez William G. Tapply ? Non ? Vous avez de la chance, vous allez vous régaler. Deux de ses romans sont disponibles : Dérive sanglante et Casco Bay. Ils mettent en scène le même "héros", Stoney Calhoun, un type plutôt sympa, vivant reclus dans sa cabane au fond des bois, spécialiste de la pêche à la mouche, vendeur d'articles de pêche dans une petite boutique qu'il partage avec la belle Kate Balaban. La mémoire de Stoney a été effacée, à la manière d'un disque dur, à la suite d'un mystérieux accident. Mais chaque jour ou presque, il se découvre des talents ignorés. Des talents que son pote le shérif Dickman ne manque pas d'utiliser pour l'aider à résoudre les affaires criminelles dont il est chargé. N'a-t-il pas été flic dans une autre vie, l'ami Calhoun ? Allez savoir... Voilà un questionnement qui s'ajoute en permanence à ceux de l'enquête. Pour notre plus grand plaisir.
Mais là n'est sans doute pas l'essentiel. Ce qui nous touche le plus profondément dans ces deux romans, réside dans la sublime beauté des paysages marins de l'état du Maine, dans la communion des hommes avec la nature, les arbres, les eaux, les animaux, le chien de Stoney (un chien inoubliable, un beau personnage de roman), dans les relations amoureuses et amicales... Quelques cadavres jalonnent bien les deux romans de Tapply, mais ici, le décor prend une telle importance que le vert submerge le noir. C'est une grande bouffée d'air frais, de poésie, de sérénité. Une école de vie. On finit la lecture de ces excellents polars ivres d'oxygène et d'espaces encore vierges.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 10:50
Chaque année, notre Saintonge maritime connaît une quinzaine de jours festifs avec "Les Fêtes romanes", belle manifestation qui vient de souffler ses vingt bougies, même si elle avait bien failli sombrer voici quelques saisons. Surmontant ses difficultés, l'association éponyme a su puiser dans la passion de ses membres, l'indispensable force de renouvellement qui offre à son public ( de plus en plus nombreux et enthousiaste), des animations de choix. Hier, dans les rues de Mornac (un des plus beaux villages de France dont la réputation n'est pas usurpée), la foule était dense (et parfois danseuse) pour se replonger sans grande difficulté dans une ambiance médiévale. Chevaliers et belles dames, manants et nobles seigneurs, ménestrels et troubadours hantaient les rues du village ; les mimes (magnifiques !) étaient au rendez-vous et les fous n'étaient pas loin ; on ripaillait sur le port, les enfants s'initiaient avec joie à l'art de l'enluminure...
Le plus intéressant, dans cet événement qui rythme la vie de notre communauté, est certainement le dosage parfait entre un contenu culturel indiscutable (expositions, conférences, concerts, visites guidées...) et un contenant éminemment festif (repas, danses, marché, art vivant...). Au chapitre des réussites, on ne peut occulter que "Les Fêtes romanes" constituent un exemple assez unique dans notre région, d'action culturelle intercommunale aboutie. À une époque qui voit les petites communes peu à peu remplacées par les Communautés d’agglomération pour tout ce qui concerne les principaux services et investissements publics, il est assez réconfortant de constater que des citoyens regroupés en association peuvent eux aussi, de manière citoyenne, partager leurs modestes moyens, pour proposer sur plusieurs lieux, les centres d’intérêt culturels susceptibles de satisfaire les attentes de leurs concitoyens. Ainsi, l’association œuvre sur Royan, mais aussi sur les communes environnantes : Saint-Sulpice-de-Royan, Vaux-sur-Mer, Breuillet, Saint-Augustin et... Mornac-sur-Seudre. Voilà qui est bien plus positif que la sempiternelle complaisance dans le chauvinisme et les traditionnelles querelles de clochers !

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