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  • : LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • LES NAUFRAGEURS DE SAINTONGE
  • : En mer comme dans l'air, l'amer est un point de repère. Ainsi, ce blog pourra indiquer une direction aux navigateurs perdus. Mais attention aux naufrageurs (qui ne sont pas tous des lumières) et qui agitent, sans… fard, leurs lanternes dans la nuit. Ici, aucun sujet n’est exclu a priori. On pourra parler politique, littérature, musique, sport, déconnade… mais aussi spécificités régionales — voire locales — ne surprenant personne dans ce coin de terre nommé Saintonge Maritime.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 08:58
mao1Le bandeau rouge est sans équivoque, voici un polar. Il est un peu trompeur — comme bien souvent — le bandeau rouge cher à nos librairies ; mais il est néanmoins doublement justifié par son texte et surtout par sa couleur. "La danseuse de Mao" n'est pas seulement un roman policier, c'est une plongée dans un monde à la fois effrayant et passionnant, la Chine d'aujourd'hui, communiste et ultra-libérale, où le modernisme le plus échevelé côtoie le conservatisme et parfois même, le traditionalisme. En lisant ce livre, vous ne saurez rien de la condition pitoyable du paysan chinois qui crève dans les rizières, mais vous en apprendrez beaucoup sur la vie urbaine, à Shangai notamment, sur la misère du peuple de la rue et sur l'arrogance des "gros sous" qui en veulent toujours plus et qui étalent sans vergogne leur récente et nauséabonde réussite. La corruption est partout et la police aussi ce qui n'est pas loin de ressembler à un pléonasme.
Plus que de LA police, mieux vaudrait parler DES polices, tant les uns surveillent les autres comme dans toute bonne dictature qui se respecte. L'inspecteur Chen a reçu sa mission de très haut, un ministre. Et son enquête, il doit la mener discrètement, hors du service mais serré de près par d'autres flics qui n'attendent qu'un faux-pas pour employer la "manière forte". On ne nous précise jamais vraiment ce que serait cette manière forte, mais on s'en doute un peu... Chen, lui, utilise la diplomatie, à la chinoise. C'est un peu compliqué mais c'est efficace. Il faut dire que sa mission est délicate. Il doit retrouver des documents compromettants pour l'icône du régime, le président Mao que l'on n'en finit pas de trahir tout en le vénérant. On apprend ainsi que Mao, qui prônait une moralité sans faille, était un chaud lapin. À Shangai, il avait sa danseuse. Disparue ! Avait-elle transmis des documents à sa fille ? Morte ! laquelle les aurait remis à la petite fille, une beauté qui fréquente les milieux artistiques de la ville et qui, depuis peu, vit dans l'opulence. N'aurait-elle pas vendu les fameux documents flinguant l'image du grand timonier à des journalistes occidentaux avides de scandales à deux balles ? C'est en visitant, à Pékin, le tombeau de Mao que Chen comprendra à quel point l'attitude du maître de la Chine, à la fin de sa vie, était devenue impériale. Presque traditionnelle ! Il appréhendera du même coup la solution de son affaire.
Tout ceci baigne dans la culture chinoise avec de nombreuses allusions à l'Histoire, à la musique, à la peinture, à la littérature, à l'architecture... des références qui ne sont jamais pesantes, mais qui éclairent le récit. Les courts extraits des grandes oeuvres de la poésie chinoise sont savamment choisis et, le plus souvent, admirables.
La seule réticence éventuelle est peut-être une certaine difficulté, tout au début, avec les noms des personnages qui se ressemblent un peu (les noms, pas les personnages). On a parfois la même difficulté avec les romans classiques russes. Heureusement, ces personnages sont si typés, si minutieusement analysés qu'il devient impossible de s'y méprendre. Comme dans les bons films, les seconds rôles sont magnifiques. Et nombreux ! en Chine forcément... Et surtout, le rythme et le souffle imprimés par QUI Xialong est tel qu'il emporte tout jusqu'à une fin inattendue et somptueuse. "La danseuse de Mao" est un grand roman d'aujourd'hui.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 11:38
3883969427_c415b87094.jpgOn pouvait naïvement espérer que la prochaine échéance des élections régionales serait, pour nos partis politiques, l'occasion de débattre... politiques régionales. C'était compter sans l'exacerbation des rancoeurs nationales et partisanes, sans les ambitions personnelles, sans la volonté de transformer ce scrutin en un test de popularité puisqu'aujourd'hui, en France, une seule élection compte vraiment, la Présidentielle. Ici, en Poitou-Charentes où la Présidente de Région, est "un" des ténors nationaux, on assiste donc à un drôle de spectacle. Ségolène Royal présentait, la semaine dernière, un bilan de fin de mandat que même son opposition régionale applaudissait. Elle se recentrait — sans doute provisoirement — sur le Poitou-Charentes, gommant du même coup ses deux principaux handicaps : les ambiguïtés de son propre parti et une propension exagérée à "capter toute la lumière". On lui pronostiquait donc une élection "dans un fauteuil", d'autant plus qu'aucune personnalité de poids — et surtout pas le triste Raffarin — ne souhaitait aller se prendre une déculottée dans notre belle région. Devant une telle situation, le pouvoir UMP (ou Nicolas Sarkozy si vous préférez) ne pouvait rester inactif. Il a donc envoyé de force au charbon — au casse-pipe disent les mauvais esprits — un de ses Ministres, mais également Parlementaire, Président du Conseil général de Charente-Maritime et néanmoins farouche opposant du cumul des mandats, Dominique Bussereau.
On a connu Dominique Bussereau Président des jeunes giscardiens même si les deux termes semblent quelque peu contradictoires. On l'a ensuite observé comme Maire de Saint-Georges-de-Didonne, souriant, affable, convivial, ouvert, déléguant beaucoup et... parfaitement inutile. Des caractéristiques qui lui ont valu les faveurs du pouvoir et celles des électeurs, des "qualités" dont il saura tirer la quintessence comme Député, comme Président du Conseil général et comme Ministre des transports. Et le voilà dans un rôle à contre-emploi, propulsé dans l'arène politico-médiatique, face à un des "grands fauves" les plus redoutables de l'hexagone. Le malheureux n'a pas tout à fait la carrure. Alors, il change de costume.
Comme Ségolène prépare l'élection en ouvrant sa liste à des membres influents d'autres partis, Verts, Communistes et MODEM dont 5 membres figureront en position éligible, Dominique Bussereau fait le choix d'invectiver les "traîtres". Il pousse même le bouchon très loin en qualifiant les anciens amis de François Bayrou de "harkis". La dernière fois que ce mot avait été employé, c'était par Georges Frêche qui les qualifiait, les vrais harkis, de "sous-hommes", ce qui lui avait valu d'être exclu du PS. On peut donc penser que pour Bussereau, les transfuges du MODEM sont des sous-hommes. Se référer en 2010, aux dramatiques séquelles de la guerre d'Algérie, voilà qui est moderne et hausse nettement le niveau du débat !
C'est d'autant plus pathétique que Dominique Bussereau, contrairement au sinistre Frêche, est un homme intelligent et jusqu'ici respectable. Il fait donc là une provocation délibérée du genre de celles pratiquées par Le Pen du temps de sa splendeur et qui avaient culminé avec le trop fameux "détail de l'Histoire". Mais que peut-il espérer tirer de telles pratiques sur le plan régional ? Il risque d'obtenir un résultat assez inverse à celui recherché puisqu'il scandalise tous les démocrates sincères d'où qu'ils viennent. Et surtout, il légitime partiellement le choix de son adversaire, choix qui est loin d'être légitime. La place laissée par Ségolène à ses nouveaux alliés est en effet trop importante ramenée à l'audience de ce groupuscule centriste. Les "petits amis" du Ministre des transports amoureux au FMI, planqués derrière les revanchards de la motion Hamon, ne se privent pas de le lui signifier. Et même si ce n'est pas le moment le plus opportun, même si plus personne ne les écoute, même si leur tambouille réchauffée pue la misogynie mal assumée et la haine rentrée, sur le fond... il est difficile de leur donner tort.
Alors Bussereau ? Certes, en maniant l'invective, il évite de parler du bilan de son adversaire, ce qui pourrait être habile sil ne lui offrait du même coup, sur un plateau, un rôle dont elle maîtrise toutes les facettes, celui de l'éternelle victime. Peut-être le Ministre veut-il comme son patron ratisser à l'extrême-droite ? En Charente-Maritime, notamment, ça peut lui rapporter quelques voix. Mais à quel prix !
Aux dernières nouvelles, Dominique Bussereau s'est excusé. Le titre de Sud Ouest :
"Bussereau dérape et recule". Pour un Ministre des transports, ça la fout mal !
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 13:49

calotte1Le titre de notre dernier article, "La calotte à l'envers", vous avait benoîtement laissé espérer des propos venimeux contre la superstition et les malheurs qu'elle engendre. L'anticléricalisme n'est-il pas un des fondements de l'identité nationale si chère à Saint Éric, patron des mangeurs de soupe à l'immigré, des traîtres et des expulseurs franchouillards ? Aujourd'hui, c'est avec mesure et respect des convictions de chacun que l'on évoque les travers des différentes églises ou sectes, leurs convictions souvent peu humanistes et leur douteux passé. Mais, sans remonter très loin dans le temps, il n'en allait pas de même sous les troisième et quatrième Républiques comme l'attestent les journaux "l'assiette au beurre" et "la calotte" (notre illustration) qui n'avaient pas peur de "se lâcher". L'humour anticlérical est d'ailleurs devenu une denrée si rare de nos jours, que l'on peut trouver, sur un site de vente aux enchères, une collection de "la calotte" à 1500 euros. La laïcité devient un sacré luxe !

En naufrageurs modernes, évitons donc tout sarcasme et allons-y avec le tact qui nous caractérise et sied à de tels propos. Une édition récente de Courrier international nous autorise cette démarche prudente tout en laissant au lecteur le soin de tirer ses conclusions. Le magazine cite trois faits qui interpellent notre rationalisme exacerbé :

     .  En Sibérie, l'eau bénie le jour de l'Épiphanie orthodoxe est censée acquérir des propriétés miraculeuses. En ce 19 janvier, 114 personnes ont dû être hospitalisées pour avoir bu de l'eau sanctifiée et... empoisonnée par les rejets d'une zone industrielle proche de l'église. On apprend aussi que la tradition veut que le jour de la Théophanie, les fidèles se baignent quasi nus dans des trous creusés dans la glace : 30.000 d'entre eux se sont ainsi jetés à l'eau, à Moscou. Vite, Roselyne, des vaccins !

     . En Suède, l'église (elle doit être protestante, celle-là) vient d'ouvrir dans un village au nom imprononçable, une station-service. Et le magazine de commenter : "le sans-plomb a un goût d'eau bénite." Du moment qu'il ne pollue pas les nappes phréatiques sibériennes... on peut considérer qu'il s'agit d'une intéressante interrogation sur la véritable nature de l'essence divine.

     . Chez les Grands Bretons, l'église (qui là-bas est anglicane) cherche elle aussi à se moderniser. Autrefois, on y bénissait les charrues des paysans, maintenant on bénit les téléphones et les ordis portables. C'est le prêtre David Parrot qui a eu cette idée géniale, le 11 janvier à Londres. "Que nos langues soient douces, nos e-mails simples et nos sites web accessibles", a-t-il lancé à ses fidèles. Il faut dire que cette initiative n'a surpris personne, venant d'un prêtre qui, dans sa précédente paroisse, s'était "déguisé en sapin pour promouvoir le message de Noël". Voilà un homme que Nicolas Sarkozy devrait recruter pour son service de communication.

Ainsi, biens chères soeurs et bien chers frères, va la vie spirituelle. Amen.

PS : "expulseur" n'est pas dans le dico, mais "expulsé" y est... C'est injuste. 

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 09:59

elieAvec un titre comme ça, vous seriez prêts à parier que les Naufrageurs vont (encore) bouffer du curé. Perdu ! On n'est pas comme ça... Non, mais il faut bien reconnaître que sur Internet, on a souvent de mauvaises surprises... des bonnes aussi, parfois. Comme ce petit ouvrage de 140 pages dégotté par le pur hasard de la navigation sans boussole : "Teurjhou la vèye Élie" qui regroupe des textes de Germaine Élie (née Morand), patoisante saintongeaise de 82 ans en 1972, date de parution du livre, son deuxième. Pas toujours terribles les compils, on en connaît de redoutables. Mais celle-ci est délicieuse. Des articles courts, deux à trois pages, originellement publiés par le Subiet, le "jhornau" de la SEFCO, Société d'Ethnologie et de Folklore du Centre-Ouest.
La vèye Élie ne fait pas dans la veine chansonnière ou poétique comme le maître incontesté du genre, Goulebenéze. Elle est plus dans le témoignage, elle conte sa jeunesse, elle décrit la ferme, la maison, les animaux, les gens, la foire, les paysages d'autrefois... avec une innocence, une simplicité et une fraîcheur désarmantes que vient pimenter un brin de malice. Il faut déguster lentement ces petits bonheurs. La langue est belle, la vulgarité exclue, le style direct et le contenu dénué de toute nostalgie larmoyante. Et c'est parfois d'une brûlante actualité. Après le mariage du fils du marquis de la Roche-taillée, deux paysans s'interrogent :
- Jhe me d'mande beun peurquoé i l'avant invité tout le villaghe, o y'avait des ghenses à qui i l'aviant s'ment jhamais adeursé la parole.
(...)
- Voyons, Lopold, t'es pas pu sot qu'in aut', tu sais beun qu'ol é bentout les alections et i nous avant invité peur que jhe votions teurtous peur zeux.

Enfin, la photo de couverture justifie le titre de notre article. Dans les annexes, une "note pour les érudits" se moque d'une docte étude reprochant à la vieille dame d'avoir posé avec "le dessous d'une coiffe de
grisette de Niort" plutôt qu'avec un couvre-chef authentiquement saintongeais. Accusation réfutée d'une phrase assassine  : "Parlerait-on encore de Dagobert sans sa fameuse culotte ?" Et sur l'air du bon roi, la famille de Germaine Élie peut chanter :

Ma pauv' vèye bell'mère
A mis sa calotte à l'envers.
Des savants de poids
Lui dirent - Ma foi,
Votre Vèyeté
Est mal calottée
- O s'peut, dit-ell', mais bah !
Quant' jh'arrive on creit que jh'men vas.
Lire la Vèye Élie, c'est bien ; l'écouter c'est mieux. Vous pouvez l'entendre sur le site de la SEFCO.
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:17
4280341274 af33e7b109Vraiment pas envie de déconner avec ça. Haïti. Juste quelques remarques sans rapport avec l'ampleur de la catastrophe, de l'émotion, de la douleur :
- On se sent un peu voyeurs à regarder le malheur à la télé, non ? La radio est tout juste plus supportable. Et pourtant, comment informer sans donner des images à voir, des sons à entendre ? On râlerait si on ne nous disait rien d'un tel événement. Compliqué tout ça. Ambigu. Disons seulement que certains informent avec plus de pudeur, plus de respect que d'autres. Du coup, ils sont aussi plus crédibles. Encore une fois, France Inter s'en tire assez bien.
- Avez-vous remarqué comme les survivants qui témoignent sur les ondes s'y expriment dans un français pur, débarrassé des tics qui encombrent notre langage quotidien ? Les pays lointains et francophones respectent plus la langue française que nous-mêmes. Notre Président de la République devrait tendre l'oreille...
- Autre ambiguïté : l'impérialisme américain nous a toujours révulsés, mais là, il faut bien avoir l'honnêteté de reconnaître que l'oncle Sam a été, et de loin, le plus réactif et qu'il s'avère aussi le plus efficace. Qu'il ait quelques visées géopolitiques inavouées n'y change rien, il est le meilleur. On en vient à rêver d'une Europe aussi unie, aussi forte, aussi rapidement mobilisée. D'une France moins bavarde, moins donneuse de leçons et plus utile, aussi.
- Comment ne pas être frappés par l'acharnement du sort (ou du bon Dieu...) sur le peuple Haïtien ? Elle cumule les malheurs, cette population, même si les catastrophes qui s'abattent sur elles ne sont pas toujours totalement naturelles. Par exemple, les terribles inondations et les tornades de ces dernières années, qui ont dévasté le pays, ont été favorisées par le déboisement excessif. La Pauvreté de ce pays n'est pas non plus une fatalité... Et pourtant, dans sa grande majorité, le peuple haïtien croit en Dieu.
- Le colonialisme porte ici comme sur le continent africain, une lourde responsabilité. La population autochtone a été complètement anéantie en quelques dizaines d'années par les conquérants espagnols et remplacée par les esclaves déportés d'Afrique. La France y a pris sa part, et a par la suite pu faire fructifier son commerce, au détriment des intérêts du pays avec la sueur et le sang des esclaves. Ainsi, les effets du séisme ont été amplifiés par la misère. Et ils risquent d'être plus durables. 
- Cette misère est également due à la corruption et à l'instabilité politiques qui sévissent en Haïti depuis son indépendance. Des régimes pourris qui se succèdent à une rapidité invraisemblable avec la bénédiction des occidentaux, Américains en tête. Sans parler de la sanglante dictature des Duvalier père et fils, de 1957 à 1986. L'horreur absolue ! On le croyait mort, l'ignoble Jean-Claude Duvalier (Bébé Doc) et le voilà qui réapparaît à la faveur du désastre. Lire à ce propos, l'éloquent article de
Courrier International.
- Dernière remarque et ultime indignation : Pendant que l'on extirpe les cadavres des décombres, les voyagistes rassurent leurs clients. "Il n'y a aucun risque de partir en vacances en République dominicaine", affirme, toute honte bue, Tourmagazine.fr. Tout juste si on ne leur promet pas, aux toutous trouillards, une vue imprenable sur l'horreur comme d'autres leur font miroiter la vue sur la mer.
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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 11:51
04.JPGDéjà en 2009 on avait souffert mais là, c'est sûr, on va en chier. Et pas seulement à cause de la gastro. On n'y était même pas encore, en 2010, que papa Guaino — par l'intermédiaire de sa marionnette articulée — nous parlait de Fraternité dans les zétranges lucarnes. Fra-ter-ni-té ! Récupérer Jaurès, Blum, Môquet, Camus... ne leur suffit plus. Maintenant c'est Ségolène qu'il leur faut. Vous verrez qu'un jour, ils nous piqueront Bedos. On les comprend... rafler des penseurs intègres comme Besson, Kouchner ou DSK, c'est un truc dont on peut se vanter entre la poire et le fromage, au Fouquet's, mais pas forcément dans les discours officiels.

Et les jours suivants ? Les premiers de la nouvelle année ? Que des catas ! Johnny qui sort de l'hôpital amerloc et qui menace de revenir et peut-être même de chanter ; les Zelvètes qui ne veulent toujours pas rendre leur otage français tant qu'on ne foutra pas la paix à leurs blanchisseries ; Benedikt XVI qui n'envisage même pas de canoniser Camus alors qu'il tergiverse moins pour un de ses prédécesseurs germanophile (et Pie quoi encore) ; le même Benedictus qui célèbre la messe de minuit à 10 heures pour ne pas boire son bouillon de 11 heures ; Jospin qui a écrit un livre sans intérêt puisqu'il ne révèle même pas ses relations avec une princesse (pourtant il avait une décapotable, lui) ; Séguin qui passe (larmes à gauche) Sarko qui reste ; le chaland qui passe, lui aussi, et ne fait même plus que ça, passer, tant il est déplumé ; l'équipe de France de foot qui va aller se ridiculiser en Afrique du sud comme si elle ne pouvait pas se ridiculier à moindre frais chez nous ; l'hiver qui est froid (Y'a vraiment plus d'saison, mes pôv' drôles) ; la DDE qui sale les routes, les restaurateurs qui salent l'addition ; l'été qui sera sûrement trop chaud... Vite Rose Bonbon, faut acheter un stock d'éventails. Et la grippe, bordel !

Enfin... disons... la gastro. Et y sont où ? Et y sont où ? Y sont absents, les vaccins contre la gastro. Si ça continue, on va tous crever de la gastro sans que personne n'élève la voix. Écoutez le silence des médias qui ne sont pourtant pas tous des agneaux. Il est assourdissant leur silence sur la gastro. Normal, ils en sont encore à la grippe. Pourquoi pas le rhume des foins ? Et le principe de précaution, on en fait quoi du principe de précaution ? On s'en tape, hein. Mais... si les labos n'héritent pas de l'argent des pauvres, allez savoir si les banquiers ne vont s'en emparer. Comme en 2009 ! Non, décidément, c'est une bien mauvaise année qui nous est promise par ces débuts calamiteux. Heureusement que la droite va perdre les Régionales.

Et heureusement que certains "politiques" parviennent à surmonter le pessimisme ambiant et faire partager leur belle détermination. Le député-maire de Royan (en Charente-Maritime), Didier Quentin (mon Didier pour les intimes), adresse à ses administrés préférés un calendrier sur lequel il pose, sourire au lèvres, en compagnie de son épouse Marie-Pierre, sur la plage de Pontaillac à marée basse. Le message imprimé en bleu UMP sur le ciel blanc est de nature à rassurer ceux qui doutent encore : "Puisse cette année deux mille dix rimer avec bons indices ! (croissance, emploi, CO2)." Que demande le peuple ?

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 09:26
Les naufrageurs s'accordent quelques jours de vacances, vous souhaitent de joyeuses fêtes et vous retrouveront début janvier. 
phare4.JPG 
Soyez sages ! 
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:56
Royan1950.JPGLa nouvelle est tombée la semaine dernière, relayée par la presse et par une réunion publique : la ville de Royan se porte candidate au label "Art et Histoire". Elle met en avant — à juste titre — un patrimoine remarquable constitué de villas 1900 côtoyant l'architecture moderne issue de la reconstruction des années 1950. Voilà qui est nouveau en nos terres sarkozystes ! Et il faut sans doute en savoir gré à l'adjointe à la culture, Véronique Willmann, qui tente d'impulser une politique culturelle auprès d'une population majoritairement et visiblement plus sensible aux thés dansants qu'à un festival d'art contemporain... Une gageure ! En ce sens, l'attitude du député-maire, Didier Quentin, tranche avec celle de ses prédécesseurs. Des prédécesseurs du même parti que lui et qu'il a oublié de critiquer quand ils détruisaient notre patrimoine architectural.
Après les terribles et inutiles bombardements de 1945, une nouvelle ville était sortie de terre comme un champignon mi-comestible mi-vénéneux, jamais mortel, sorte de Brasilia à la française. Un Front de mer légèrement courbe (comme notre conche), rouge de plaisir, en deux parties reliées par un sublime monument de béton, le portique ; un casino municipal tout en rondeurs et en couleurs, festif ; une cathédrale-navire dont la grand-voile de béton défiait les cieux (presque) toujours bleus ; un marché parachuté au bon endroit, tout au bout d'une artère le reliant au portique en passant par la "place rouge" (notre illustration). Cette ossature de la ville avait une logique, une cohérence, elle respirait le dynamisme, le modernisme éclairé, la jeunesse.
La jeunesse ? Mais vous n'y pensez pas bande de rêveurs impénitents ! La jeunesse c'est vivant, c'est bruyant, ça rigole, ça se chamaille, ça aime la nouveauté, ça respecte la nature... ça ne vote pas plus UMP aujourd'hui que RPR hier. Et voilà pourquoi une ville jeune — un peu immature, sans doute — est devenue une grande maison de retraite. Nathalie ne marchera plus devant nous sur la "place rouge" ; le portique abattu, les deux lambeaux de front de mer partent à la dérive. Une municipalité décide alors de les maquiller ; la pimpante jeunette devient mère maquerelle ! Le casino laisse place à un vide aussi abyssal que la connerie qui a conduit à le laisser tomber en décrépitude puis à le détruire. Quant à la cathédrale, elle surnage mais fait eau de toutes parts et menace de sombrer... Le marché a survécu, accusant encore un peu plus le déséquilibre causé par l'absence du portique.
Et là, on ne parle que d'architecture. Ce ne sont pas seulement les lieux associés à la culture qui ont disparu, c'est la culture elle-même qui en disparaissant a causé l'essentiel de leur perte. Car si la fonction ne crée pas toujours l'organe, elle permet de le maintenir vivant. Si le casino avait poursuivi l'accueil des différents festivals qui l'animaient, si la ville avait su y développer (et y pérenniser) une véritable vie culturelle, il serait encore là, notre merveilleux et unique casino municipal !
La réussite de cette candidature donnerait à Royan un nouvel élan créatif et enverrait dans les poubelles de l'histoire politicienne les tristes visées des démolisseurs passés. Elle apporterait en outre à la ville de précieux subsides destinés à valoriser son patrimoine et à y développer des événements culturels forts. Dans la perspective de cette créativité réactivée, pourquoi ne pas envisager la reconstruction du portique et du casino municipal ? Allez... le casino pour commencer !
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 10:56
Après le succès de ses trois conférences-débats, le collectif "Copenhague Pays Royannais" organise samedi une manifestation pacifique, à pied ou à vélo, dans les rues de Royan. Si vous souhaitez vous joindre au grand élan international suscité par le sommet de Copenhague, rendez-vous sur la promenade du Front de mer, à côté de la patinoire, Samedi 12 décembre, à 14h30.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 09:16
Le sommet de Copenhague démarre et chacun retient son souffle. Ce qui fait déjà un peu de CO2 en moins. Dommage que les vaches ne retiennent pas leurs pets, que les centrales nucléaires ne retiennent pas leurs déchets, que le charbon ne retienne pas ses fumées, que le pétrole ne retienne pas ses gaz, que Total ne retienne pas ses pollutions, que le soleil ne retienne pas ses UV, que les garages ne retiennent pas les voitures, que les ports ne retiennent pas les bateaux, que les démagogues ne retiennent pas leurs solutions miracles pour nous sortir du merdier dans lequel nous a plongé notre fringale de biens de consommation si vite consommés, que Johnny ne retienne pas la nuit... C'est vrai, on nous demande de faire des économies d'énergie, mais la première de toutes, la plus efficace, ne consisterait-elle pas à ne plus respirer ? Ou alors, avec parcimonie...
Au Café du commerce, on a vite fait de trouver la solution. Et pourtant on y parle... on y émet donc pas mal de CO2 même si une douzaine de pastis permet de rendre le gaz à effet de serre émis, plus parfumé. Aux herbes de Provence, en se décarcassant un peu. Et comme un minimum de nostalgie ne fait jamais de mal, on revoit Jean Carmet assénant ses vérités alcoolisées au bar du Palace. On n'avait pas les mêmes préoccupations à l'époque.
Ne nous égarons pas et récapitulons : on trie nos déchets (enfin... on essaye), on mange bio (enfin... quand on trouve du bio et quand on a les moyens), on éteint la lumière quand on sort d'une pièce (enfin... quand on n'oublie pas), on isole notre maison (enfin... quand on en a une et quand les subventions sont conséquentes), on respecte les limitations de vitesse (enfin... quand un connard ne vient pas nous doubler avec son 4X4). Arrêtons ici et concluons : c'est fou tout ce que l'on peut faire comme gestes citoyens pour sauver la planète ! Et pourtant, elle se réchauffe encore, la salope, il va falloir faire plus. Elle exige plus. Acheter un vélo ne va plus suffire, il va falloir pédaler. Après les amuse-gueules, on en vient au plat de résistance. Se retenir de respirer, donc. De péter ausi, alors ? Ben oui. Et de roter ? Ça va de soit. Pour bien faire, il faudrait éviter tout effort physique intense : les travaux manuels, le sport... Et baiser, on pourra ? Non, voilà le genre de luxe que nos enfants ne pourront plus se permettre. Et parler ? Ça, on ne peut déjà plus.
Si c'est pour la survie de la planète, on peut faire des efforts, c'est vrai. Pour commencer, on peut demander à Sarkozy de moins gesticuler, à Mireille Mathieu de chanter normalement, à DSK de ne plus se prendre pour un lapin, aux lapins de ne plus se prendre pour DSK. On peut aussi demander à nos concitoyens de ne pas regarder la propagande officielle entre 20H. et 20H.30., chaque soir. Voilà des gestes simples, à la portée de tous et qui, faute d'être très efficaces, seraient au moins porteurs d'exemplarité. Putain, on va s'arrêter là, on ne trouvera pas une expression plus nulle que "porteurs d'exemplarité". Si les naufrageurs s'y mettent aussi, où va le monde ? À Copenhague !

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